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QUOI

Appel à participations de la conférence « Corps et guerre », Colloque annuel de l’AEGES.

QUAND ET OU

Le colloque annuel de l’Association pour les Etudes sur la Guerre et la Stratégie aura lieu les 19 et 20 décembre 2019 à l’Université Paris II Panthéon-Assas.

SUJET

Le thème retenu pour cette édition est « Corps et guerre ».

Dans les derniers vers de l’Iliade, alors que les conflits sont achevés entre les Troyens et les Achéens et qu’Achille est parvenu à vaincre le héros Hector afin de venger la mort de son ami Patrocle, les Dieux supplient Achille de rendre le corps du héros aux Troyens. Face à l’entêtement d’Achille à ne pas accorder de sépulture au vaillant Hector, les Dieux interviennent et maintiennent le corps du héros intact, pendant tout le temps où il est détenu par Achille. A travers cet épisode, l’épopée homérique suggère bien le statut très spécifique du corps guerrier. Tantôt martyrisé, tantôt mythifié, glorifié, sacralisé (Benoit, Boetsch, Champeaux, Deroo, 2009) le corps du guerrier est au cœur d’une série de tensions et d’ambivalences que ce colloque se propose précisément d’arpenter à travers des études de cas originales, portant sur des contextes socioculturels, historiques, nationaux et politiques variés.

Les contributions pourraient examiner la fabrique du corps guerrier, autrement dit les dispositifs de préparation au combat (Teboul, 2017 ; Ben-Ari, 1998). Comment se transmettent et s’incorporent les dispositions guerrières ? Comment apprend-t-on à (faire) endurer la violence de guerre ? Pour combattre, le corps doit-il être nécessairement puissant et viril ? L’activité des femmes combattantes souligne au demeurant la capacité des femmes militantes à faire preuve de la même violence que les hommes (Boutron, 2012). Quid du corps au combat ? Le corps en armes se voit parfois substitué, dans les contextes moins conventionnels, en corps comme arme. Le corps est parfois utilisé à des fins de résistance, en tant que bouclier humain ou pour des attentats-suicides. De porteur de l’arme, le corps devient, dans ces contextes, l’arme elle-même, avec les conséquences que cela implique en termes de vulnérabilité.

Etudier le corps, dans sa relation avec la guerre, implique donc d’examiner le corps, y compris quand il a été mis hors-de-combat (blessé, tué, emprisonné). Les normes ici applicables (droit humanitaire) pourraient ainsi être réinterrogées à la lumière également de la conflictualité contemporaine. En effet, les tensions liées à la préservation du corps d’Hector dans l’Iliade pourraient bien ne devenir qu’une fable reléguée aux temps historiques. Avec le développement de systèmes d’armes robotisés voire autonomes qui augmente la distance entre le combattant et le combat, quelle place subsiste pour le corps du soldat ? L’opérateur de drones possède-t-il le statut de combattant, au même titre que le fantassin ? Les problématiques liées à l’évolution de l’intelligence artificielle et du soldat augmenté, capable d’améliorer ses capacités physiques, sportives, et sensorielles grâce à des prothèses et soutiens technologiques, pourraient utilement être discutées. Penser les évolutions de la guerre, en particulier dans sa dimension technologique, revient bien à interroger la place que tient le corps du combattant au sein de celle-ci. Enfin, la prise en charge du corps traumatisé pose aussi un certain nombre de questions dans sa dimension mentale et de stress post-traumatique.

Penser le corps en guerre revient in fine à penser la place accordée à la protection de l’individu – y compris non-combattant – au cours des conflits armés, et à la manière dont les Etats priorisent parfois certains corps plus que d’autres. Quelle que soit la manière dont se dessineront les évolutions technologiques de la conflictualité, penser la place du corps au sein de la guerre revient, de façon centrale, à explorer la meilleure manière de le protéger, à la fois opérationnellement, stratégiquement et juridiquement, face aux menaces que le conflit fait peser sur les corps : trafic d’êtres humains, esclavages, violences sexuelles, trafic d’organes, exploitation, déplacements contraints, disparitions forcées (le corps « dissimulé »…), etc. Le corps mort, par ailleurs, fait l’objet de flous juridiques. Par exemple, à qui incombe la charge d’inhumer le corps criminel (Kastoryano, 2015)?

Proposition indicative de panels :

  • – Préparer les corps (sur la socialisation au combat)
  • – Les corps au combat (corps et champ de bataille)
  • – Corps blessés, mutilés, tués
  • – Vers une guerre sans corps

Proposition d’ateliers :

  • – Publier dans une revue francophone : en présence de responsables éditoriaux de revues francophones des différentes disciplines formant l’AEGES, cet atelier aura vocation à expliciter les codes, modalités de soumission d’un article au sein des revues traitant de la guerre et de la stratégie (à comité de lecture ou non).
  • – Atelier méthodologie de la recherche : mener un entretien, traiter des images et vidéos pour une analyse de contenus, accès aux sources primaires.
  • – Atelier rencontre entre praticiens et théoriciens.
  •  – Etc.

ECHEANCE ET CANDIDATURE

Date limite d’envoi des propositions : 15 septembre 2019.

Calendrier :

  • – Date limite d’envoi des propositions de communication: 15 septembre 2019
  • – Sélection de communications retenues : 10 octobre 2019
  • – Date limite d’envoi des communications : 30 novembre 2019
  • – Colloque: 19-20 décembre 2019

Modalités :

Les propositions (communications ou panel constitué) sous forme d’un titre, d’un résumé de 350 mots maximum, et d’une courte biographie, devront parvenir au plus tard le 15 septembre 2019 à l’adresse électronique suivante : colloqueaeges2019@gmail.com

Les groupes de travail de l’Association pourront constituer des panels indépendants sur leurs thématiques de recherche.

Les meilleures communications pourront faire l’objet d’une publication.

Comité d’organisation et scientifique :

Sarah Cassella, Julian Fernandez, Thomas Hippler, Jean-Vincent Holeindre, Sonia Le Gouriellec, Marie Robin, Jeanne Teboul.


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