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QUOI

Appel à contribution pour le premier colloque international sur l’intelligence artificielle dans la fiction

QUAND ET OU

Le colloque aura lieu à la Maison de la recherche de l’Université Paris 3 – Sorbonne nouvelle, Maison de la recherche, 3 rue des Irlandais, 75005 Paris, du 3 au 5 juin 2021.

SUJET

Le premier colloque sur le thème de l’intelligence artificielle dans la fiction (littérature, séries, films, bande dessinée, jeux vidéo, arts plastiques) se tiendra à Paris du 3 au 5 juin 2021. Lors de cet événement, il sera notamment question des représentations de l’IA et à leurs significations ainsi des usages créatifs de l’IA pour produire et comprendre la fiction en textes, en sons, en images fixes et animées, comme en jeux vidéo. Un appel à contribution a été lancé et est ouvert jusqu’au 30 septembre 2020.

Road trip entièrement écrit par une Intelligence Artificielle embarquée dans une voiture, 1 the road de Ross Goodwin a rejoint à la rentrée littéraire 2019 toute une série de textes dont le point commun était de mettre en scène et en acte un rêve d’automatisation et d’artificialisation du langage littéraire, dont la généalogie remonte au moins aux premières écritures automatiques de l’Oulipo : l’intelligence artificielle n’est désormais plus seulement une fiction mais un outil à produire des fictions. Les fictions sont autant textuelles qu’imagées.

Hito Steyerl revisite la puissance narrative du film documentaire à l’aide d’algorithmes de deep learning pour mieux interroger sa capacité à façonner le réel ; Second Earth de Grégory Chatonsky nous promène dans un nouveau monde dont les images, générées automatiquement, disent déjà l’histoire, tandis qu’en associant deux images à un connecteur logique il montre la puissance d’un algorithme à créer une petite histoire (If… then, 2009).

Incarné dans des figures, familier, l’IA offre désormais des incarnations qui ne se résolvent pas à l’horizon apocalyptique de robots attendant l’heure de la singularité pour triompher de l’espèce humaine. L’IA n’est plus seulement l’objet d’un fantasme, mais elle devient peu à peu un instrument quotidien à travers la reconnaissance faciale ou les assistants personnels, alors qu’émergent les premiers outils d’écriture prédictive et de recommandation culturelle et l’on annonce qu’un récit produit par une intelligence artificielle aurait été finaliste d’un prix littéraire au Japon.

On connaissait déjà la très riche mythologie de l’IA au cinéma, de 2001 l’Odyssée de l’espace à A.I. Intelligence Artificielle de Spielberg en passant bien sûr par Terminator ou Her : à chaque fois, les enjeux politiques, éthiques, sociaux de l’IA ouvrent des pistes de profonde réflexion critique et viennent interroger les catégories philosophiques les plus essentielles par lesquelles nous pensons l’humanité de l’homme et notre place dans le monde.
Mais l’IA prend désormais une présence concrète : Databiographie de Charly Delwart propose de retracer un destin en s’appuyant sur des données numériques et leurs visualisations, Le_zéro_et_le_un.txt de Josselin Bordat essaye de mettre en scène une intelligence artificielle en phase d’éveil au monde, Kétamine de Zoé Sagan met un scène un journaliste « prédictif » centré sur les données : jamais nous n’avons été aussi proches d’agents artificiels qui s’intègrent dans nos vies.

En passant du fantasme à des outils informatiques, s’ajoutent ainsi aux représentations fictionnelles de l’IA des usages émergents des IA narratives en ouvrant un champ d’opportunité et de peur pour la culture : d’une part, la création par l’IA ou assistée par l’IA peut offrir un champ expérimental majeur intéressant autant les écrivains conceptuels que les scénaristes que les praticiens du storytelling, les plasticiens et les performeurs.
D’autre part la manière dont la culture se « dataifie » et celle dont ces datas sont analysées peut affecter profondément l’industrie de la fiction et sa maîtrise de l’attention, multipliant encore notre perplexité face à l’émergence d’une intelligence narrative artificielle.

On invitera les contributeurs à se pencher notamment sur l’une ou l’autre de ces pistes de réflexion :

  • les exemples de fictions produites par l’IA : outils, projets, applications, jeux ; les méthodes informatiques utilisées : GAN, machine learning, deep learning ; les mises en fiction de l’IA : robots, cyborgs, ordinateurs ;
  • les thèmes du post-humanisme, de la singularité, les utopies et les dystopies de l’IA ;
    l’histoire culturelle des représentations de l’IA et de ses inventeurs (Alan Turing par exemple) ;
    la critique produite par l’IA : analyse des publics, analyse de scénarios, algorithmes de recommandation culturelle ;
  • l’analyse de la fiction par des méthodes IA dans le champ des Humanités Numériques ;
  • les problèmes juridiques induits par la création : droit, partage des données, régime fiscal ;
  • les esthétiques narratives de l’IA, le lien avec l’art conceptuel et la littérature en performance ;
  • la transformation des catégories théoriques par l’IA et la modification du vocabulaire de la critique et de la philosophie esthétique, de la notion de narration à celle de littérature ;
  • la représentation des problèmes psychologiques, éthiques et politiques induits par l’IA, depuis les trois lois de la robotique d’Asimov jusqu’à Westworld ;
  • la dimension philosophique de la réflexion fictionnelle sur l’IA : le problème de la liberté, de la conscience, de l’agentivité, de l’autonomie ;
  • l’IA comme manière d’interroger la question des minorités, le thème de la vulnérabilité, les frontières de l’humain, la frontière du genre, la frontière des espèces.

ECHEANCE ET CANDIDATURE

Les propositions en anglais ou en français (1 page + 1 courte bio-bibliographie) sont à envoyer à ia.fiction.2021@gmail.com avant le 30 septembre 2020.
 
Le colloque est organisé par Alexandre Gefen (CNRS/Paris 3) en collaboration avec Marida di Crosta (Marge, Université de Lyon III), Ksenia Ermoshina (CNRS, Centre Internet et Société), Béatrice Joyeux-Prunel (Université de Genève), Léa-Saint-Raymond (ENS).

  WHAT

Call for papers “AI Fictions / Artificial Intelligence and Fictions”

WHEN / WHERE

The conference will take place at the Maison de la recherche of the University of Paris 3 Sorbonne Nouvelle, 3 rue des Irlandais, 75005 Paris, from 3 to 5 June 2021.

TOPICS

This is the first conference ever organized on the theme of artificial intelligence in fiction (literature, series, films, comics, video games): the focus will be on representations of AI and their meanings, as well as the creative uses of AI to produce and understand fiction.

A road trip entirely written by an artificial intelligence embedded in a car, Ross Goodwin’s 1 the road has joined at the start of the 2019 literary season a whole series of texts whose common point was to stage and act out a dream of automation and artificialization of literary language, whose genealogy goes back at least to the first automatic writings of Oulipo: artificial intelligence is no longer just a fiction but a tool for producing fiction. Hito Steyerl revisits the narrative power of documentary film using deep learning algorithms to better question its ability to shape reality; Second Earth by Gregory Chatonsky takes us into a new world whose automatically generated images already tell the story, while by associating two images to a logical connector he shows the power of an algorithm to create a small story (If… then, 2009).

Embodied in figures, familiar, AI now offers incarnations that cannot be resolved on the apocalyptic horizon of robots waiting for the hour of singularity to triumph over the human species. AI is no longer just the object of a fantasy but is gradually becoming an everyday tool through facial recognition or personal assistants, while the first tools of predictive writing and cultural recommendation are emerging and it is announced that a story produced by an artificial intelligence would have been a finalist for a literary prize in Japan. We already knew the very rich mythology of AI in cinema, from 2001’s Odyssey of Space to Spielberg’s A.I. Artificial Intelligence, via Terminator or Her: each time, the political, ethical and social stakes of AI open up avenues for deep critical reflection and question the most essential philosophical categories by which we think about mankind and our place in the world. But AI is now taking on a concrete presence. Databiographie by Charly Delwart proposes to retrace a destiny based on digital data and their visualisations; Le_zéro_et_le_un.txt by Josselin Bordat tries to stage an artificial intelligence in the process of awakening to the world, Kétamine by Zoé Sagan sets a scene of a “predictive” journalist centred on data: never have we been so close to artificial agents that are integrated into our lives.

Moving from fantasy to computer tools, the fictional representations of AI are thus added to the fictional representations of the emerging uses of narrative AI by opening up a field of opportunity and fear for culture: on the one hand, creation by AI or assisted by AI can offer a major experimental field of interest to both conceptual writers and storytelling practitioners.

On the other hand, the way in which culture is “dated” and the way in which these dates are analyzed can profoundly affect the fiction industry and its attention control, further multiplying our perplexity about the emergence of artificial narrative intelligence.

Contributors are invited to consider one or other of these topics:

  • examples of fictions produced by AI: tools, projects, applications, games; – the computer methods used: GAN, machine learning, deep learning;
  • AI’s fiction: robots, cyborgs, computers;
  • the themes of post-humanism, singularity, utopias and dystopias of AI;
  • the cultural history of representations of AI and its inventors (Alan Turing for example);
  • criticism produced by AI: audience analysis, scenario analysis, cultural recommendation algorithms;
  • the analysis of fiction by AI methods in the field of Digital Humanities;
  • the legal problems induced by creation: law, data sharing, tax system;
  • the narrative aesthetics of AI, the link with conceptual art and performance literature;
  • the transformation of theoretical categories by AI and the modification of the vocabulary of criticism and aesthetic philosophy, from the notion of narration to that of literature;
  • the representation of psychological, ethical and political problems induced by AI, from Asimov’s three laws of robotics to Westworld;
  • the philosophical dimension of fictional reflection on AI: the problem of freedom, consciousness, agentivity, autonomy;
  • AI as a way of questioning the question of minorities, the topic of vulnerability, the frontiers of the human, the frontier of gender, the frontier of species.

APPLICATION

Proposals in English or French (1 page + 1 short bio-bibliography) should be sent to ia.fiction.2021@gmail.com before 30 September 2020.

The conference is organized by Alexandre Gefen (CNRS/Paris 3) with Marida di Crosta (Marge, Université de Lyon III), Ksenia Ermoshina (CNRS, Centre Internet et Société), Béatrice Joyeux-Prunel (Université de Genève), Léa-Saint-Raymond (ENS).


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