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QUOI

Appel à participations pour le colloque “Femmes révoltées. Mobilisations, parcours, représentations et imaginaires politiques – Méditerranée arabe 1950-2020

QUAND ET OU

Paris-Aubervilliers (Campus Condorcet) 10-12 février 2021

SUJET

Le programme ERC Dream vous invite à contribuer à trois journées de travail consacrées aux femmes révoltées dans le monde arabe méditerranéen (des années 1950 à nos jours) [insérer une note sur la définition du “monde arabe méditerranéen”]. Dans le cadre des travaux engagés sur les révoltes et révolutions, Dream questionne en particulier les acteurs et actrices les plus invisibilisé·e·s par les sciences humaines et sociales et par la mémoire commune. Si des travaux nombreux ont été consacrés ces dernières décennies à la place des femmes dans les sociétés et dans les luttes (Bereni, Révillard, 2001 ; Kréfa et Barrières, 2018), force est de constater que la figure de la femme révoltée ou révolutionnaire a plus récemment été renouvelée avec force par la prise de parole des femmes dans le cadre des Printemps arabes de 2011 puis des nouveaux soulèvements en Algérie, au Soudan, au Liban et en Irak.

La conférence “Femmes révoltées. Mobilisations, parcours, représentations et imaginaires politiques – Méditerranée arabe 1950-2020” veut examiner la question de la place prise par les femmes dans les luttes d’émancipation dans l’espace arabe. Il s’agit dans un premier temps de saisir cette question par-delà la singularisation de figures féminines héroïsées et exceptionnalisées, qu’elles soient des combattantes à la manière de Leïla Khaled (Palestine) ou de Djamila Bouhired (Algérie), ou des intellectuelles féministes comme Nawal Saadaoui (Égypte) ou Fatima Mernissi (Maroc).

Les organisateurs souhaitent engager un travail sur les mobilisations féminines pour comprendre le rôle joué par les femmes dans les combats politiques, culturels et sociaux. Il l’est aussi pour comprendre comment les luttes des femmes ont modifié ces combats et ont pu les faire évoluer vers une perspective de transformation radicale de la société, vers une perspective révolutionnaire qui peut ne pas avoir toujours été saisie par ce que l’on appelle “révolution”. La cause des femmes, dans ces espaces comme ailleurs, fait partie des formes de l’infra-politique ou des “social non-movements” discrets que s’attache à décrire Asef Bayat (Bayat, 2010). Elle est aussi en première ligne, et à cette place aussi elle reste parfois inaperçue. Il reste à comprendre comment ces mouvements et “non-mouvements” transforment le paysage politique, comment, au-delà des proclamations de principe ou par leur moyen même, ils prennent place.

Les espaces de la cause des femmes

Les organisateurs souhaitent s’attacher à des moments de luttes collectives ou à des questions de circulations de pratiques et d’idées engageant un collectif ou un groupe de femmes dans un contexte donné pour saisir un “espace de la cause des femmes” (Bereni, 2012), c’est-à-dire un espace dans lequel se déploie une lutte féminine, qui ne se conçoit pas nécessairement comme féministe. Un engagement au féminin (Dakhli, Latte Abdallah, 2010) se déploie dans les contextes révolutionnaires et dans les mouvements de contestation de forte intensité. Il trace un espace spécifique. Mais il émerge aussi dans la façon dont les femmes peuvent exercer leur “art de la présence” au quotidien.

Cet espace se constitue d’abord par les frontières qu’il définit ou qu’il contribue à repousser ou à effacer. Il est à comprendre comme un espace de négociation ou de renégociation permanente de frontières qui peuvent être celles des rôles genrés, celles de l’espace public et du privé, ou celle de l’espace même de la contestation sociale et politique. Cet “espace de la cause des femmes” se dessine autant au travers des trajectoires individuelles, dans leur façon de s’articuler au collectif, que par le biais de l’histoire d’un groupement ou d’un mouvement. Ce colloque s’ouvre donc autant aux études de cas qu’à une analyse socio-anthropologique des réseaux qui les lient, voire à l’intégration des deux perspectives. Il vise à explorer aussi bien les mobilités militantes (formations, exils et diasporas, clandestinités, entrées et sorties de prison) que les circulations d’objets (livres, armes, uniformes ou vêtements de lutte, et tout autre objet chargé d’une signification particulière) et d’idées (traductions de textes considérés comme fondateurs, mais aussi transmissions d’héritages politiques, spirituels ou familiaux et circulation d’imaginaires de lutte ou de résistance au féminin). De par ces sources diverses, ce colloque se propose enfin de saisir l’espace imaginé par les femmes en termes de projection dans l’avenir : que ce soit à partir de la maison, d’un bureau ou d’une cellule, d’un terrain de guerre ou de la rue au cours d’une mobilisation, quel espace souhaitent-elles ouvrir pour elles-mêmes et pour les générations à venir au sein de la famille, du groupe ou du parti, de la communauté mais aussi de la nation, en discutant les travaux devenus classiques de Beth Baron (2005) ? Et comment cet espace s’articule-t-il aux questions sociales et aux problèmes qui touchent l’ensemble des citoyennes et des citoyens ?

Quelles temporalités ?

L’étude des révoltes et des révolutions privilégie souvent le temps court et le « moment chaud » de la situation révolutionnaire. Sans exclure cette perspective, ce colloque se propose de l’élargir au temps long et aux « moments froids », qui peuvent être marqués par des revendications sociales et politiques de longue haleine, voire même par des mobilisations que la mémoire institutionnelle n’aurait pas enregistrées, qui n’auraient pas été archivées. Dans l’esprit du projet DREAM, il s’agit de redonner à ces revendications et à ces mobilisations leur temps propre. D’un côté, un travail de repérage et de traitement d’archives de femmes révoltées est encouragé, à la fois par une formation et un temps d’échange d’expériences organisés pendant les journées du colloque et par une réflexion au rapport entre archives et construction, voire institutionnalisation du récit contestataire. De l’autre, il s’agit de questionner la relation entre les récits contestataires des actrices et les récits contestataires institutionnalisés, que ce soit avec l’émergence de l’État-nation indépendant depuis les années 1950, l’organisation de la vie militante sous forme partitaire et/ou syndicale ou avec l’institutionnalisation même de certains groupements, tels les ONG, dès les années 1990. Entre répression, occultation et légitimation des récits des actrices, ce colloque envisage de couvrir tout le spectre qui va de la mémoire au déni de mémoire, jusqu’à l’oubli. Cet angle vise aussi à proposer une chronologie renouvelée des révoltes des femmes et des mouvements féministes et féminins à la lumière des parcours et des stratégies des actrices, en ouvrant à des comparaisons possibles entre diverses régions de l’espace arabe méditerranéen. En parallèle, il permet de saisir les expériences du temps, les continuités et les ruptures telles que perçues par les actrices, qu’elles soient engagées dans des mouvements structurés ou dans des pratiques sociales du quotidien. Les références que ces actrices peuvent faire aux luttes du passé, voire à des figures marquantes de celles-ci, nous aident à aborder les “générations” de lutte d’en bas, au travers des généalogies que les militantes ou les “pratiquantes ordinaires” (De Certeau, Giard, Mayol, 1990) d’un espace construisent pour donner du sens à leur action ou à leur présence. Cette approche des généalogies contestataires se propose de déplacer le débat sur les références “endogènes” ou “exogènes”, “islamiques” ou “séculières” des mouvements féminins et féministes arabes du cadre analytique (éthique) au cadre de la perception des actrices et acteurs (émique) et de leur restituer leur agency dans la fabrication des références pour les luttes (Mahmood, 2005). Dans la décennie rebelle que nous venons de connaitre, une histoire des luttes féminines est en train de s’écrire, comment trouve-t-elle sa place dans un récit historique, et dans quel cadre s’élabore ce récit ?

Pratiques et extension des domaines féminins de la lutte

Dans le même esprit d’une approche par le bas, ce colloque se propose d’aborder féminismes et féminités sociales et politiques comme des catégories mouvantes, sans cesse renouvelées par les pratiques. Il s’agit donc d’analyser les performances de genre des actrices, qu’elles soient activistes ou non, en temps de lutte comme en temps ordinaire. Quelles sont les stratégies pour faire sa place au quotidien, dans la mobilisation, ou encore dans la lutte armée ? Entre parcours exceptionnels et stratégies plus quotidiennes, les femmes forgent des répertoires et réinterprètent des modes d’action inventés ailleurs, en d’autres lieux ou en d’autres temps. Cet aspect performatif des luttes met en jeu l’imagination politique et sociale des actrices, mais aussi leur capacité à se saisir de filiations, à reprendre des canons ou à les transformer, voire à les détourner.

Les performances de genre à l’œuvre dans les moments contestataires peuvent d’abord être vues comme des stratégies d’intégration : “faire la femme” ou au contraire se faire passer pour un homme peuvent être des manières d’acheminer un message ou de se faire une place dans un mouvement. De la même manière l’exceptionnalité des parcours ou leur banalité doivent être comprises dans leur contexte, pour faire apparaître les divers usages que les actrices en font. Les femmes combattantes armées sont souvent perçues comme contraintes de se conformer à des manières de faire et même à une esthétique militaire. On peut aussi percevoir cette manière d’endosser un costume comme un travestissement révolutionnaire. Les coupes de cheveux, les vêtements militaires peuvent aussi être transformés et appropriés pour viser autre chose, un autre discours qui porte, lui, proprement sur le genre (Srour, 1972). L’approche romantique de la résistance (Abu Lughod, 1990), qui a fini par s’imposer pour parler des femmes combattantes kurdes, palestiniennes ou algériennes, les discours de révérence vis-à-vis des icônes féminines de la contestation comme la soudanaise Alaa Salah, la fascination pour la Libanaise qui donne le coup de pied dans l’entrejambe du garde… tout cela en dit plus sur les commentateurs et commentatrices que sur les manières de faire de ces femmes révolutionnaires. L’usage de la force, les apprentissages de techniques de défense sont des savoirs transférés sur le théâtre révolutionnaire, mais issus d’autres combats de femmes pour assurer leur propre sécurité dans les rues des villes. Ce travail de défense ne prend pas fin à la lisière de la mobilisation, il se poursuit dans le contexte des luttes et se traduit dans une politique de la violence (Dorlin, 2017; Cardi et Pruvost, 2012)

Certains rôles genrés comme celui de gardienne de la mémoire familiale (ex. mère de martyr ou de disparu) sont en eux-mêmes des bouleversements dans les registres autorisés de la mémoire et de la contestation. Les rôles peuvent aussi être travaillés par les actrices elles-mêmes, qui en font des figures obligées de l’acte politique. La question de savoir si les révolutions changent — significativement et durablement — les rapports de genre est très ouverte. La plupart du temps, ces transformations ne sont pas manifestes (Amar, 2011), même s’il y a des “actes d’éclat” (Dakhlia sur Amina Sboui, 2013) et des transformations plus lentes qui se lisent dans le fait que les révoltes les plus récentes font une place spécifique aux questions liées à la place des femmes en leur sein. C’est alors que ces présences féminines se muent parfois en questions pour les féministes et pour les féminismes, dont les domaines d’action se trouvent transformés et étendus par les luttes en cours.

Ces questions stratégiques et pratiques pourront être abordées à travers l’analyse du lien entre des mouvements sociaux constitués et les mouvements et moments contestataires/ révoltes, y compris les mouvements féministes traditionnels. Elles sont aussi visibles dans la multiplicité des mobilisations de mères et des femmes de disparus ou de prisonniers, les mouvements de détenues ou ex-détenues (Latte abdallah, 2013 ; Sorbera, 2014), les mouvements de travailleuses. Certains mouvements revendicatifs (logement, droit à la terre, luttes pour l’accès aux soins, mais aussi mouvement pour l’accès à l’état civil) sont menés en majorité par des femmes et contribuent à structurer un espace féminin de la contestation, mais aussi à transformer l’espace commun de la révolte.

Les contributions devront poser ces questions à partir de terrains empiriques de recherche. Une réflexion spécifique sur les sources, les archives et l’acte d’archivage pourra trouver sa place dans les propositions, le colloque sera suivi d’une rencontre autour des archives féministes dans le monde arabe.

ECHEANCE ET CANDIDATURE

Merci d’envoyer vos propositions (400-500 mots, en anglais ou en français) avant le 1er septembre 2020 à : dream@cmb.hu-berlin.de

Pour toute question ou remarque, contacter Leyla Dakhli, dakhli@cmb.hu-berlin.de

  WHAT

Call for papers “Women in revolt. Mobilizations, pathways, imaginations – the Arab Mediterranean 1950-2020

WHEN / WHERE

Paris-Aubervilliers (Campus Condorcet), 10 – 12 february 2021

TOPICS

The ERC Dream programme seeks your contributions for a three days workshop dedicated to women in revolt in the Arab Mediterranean world (1950s to the present) [insert note on the definition of “Arab Mediterranean world”]. In the framework of the research undertaken on revolts and revolutions, Dream focuses its investigations on the actors and actresses who are the most invisible in the human and social sciences and in collective memory. While much work has been devoted in recent decades to the place of women in societies and in struggles (Bereni, Révillard, 2001; Kréfa et Barrières, 2018), it is clear that the figure of the revolted or revolutionary woman has more recently been forcefully renewed by women’s voices in the context of the Arab Spring of 2011 and the new uprisings in Algeria, Sudan, Lebanon and Iraq.

This conference “Women in revolt. Mobilizations, pathways, imaginations – the Arab Mediterranean 1950-2020” wants to examine the question of the role played by women in the struggles for emancipation in the Arab World. The first step is to grasp this issue beyond the singularization of heroic and exceptional female figures, be they fighters like Leila Khaled (Palestine) or Djamila Bouhired (Algeria), or feminist intellectuals like Nawal Saadaoui (Egypt) or Fatima Mernissi (Morocco).

This work on women’s mobilizations is committed to understanding the role played by women in political, cultural and social struggles. The work should also help to understand how women’s struggles have transformed these struggles and have been able to instigate radical transformations of society, towards a revolutionary perspective that may not always have been grasped by traditional understandings of the term “revolution”. The “women’s cause” (Bereni, 2012), in these spaces as elsewhere, is part of the forms of infra-political or discrete “social non-movements” that Asef Bayat (Bayat 2010) describes. It is also on the front line, and in this place it sometimes remains unnoticed. It remains to be understood how these movements and “non-movements” transform the political landscape, and how, through which means, beyond mere proclamations of principle they take place.

The spaces of the “women’s cause”

We wish to focus on moments of collective struggles or on questions of circulation of practices and ideas involving a collective or a group of women in a given context in order to grasp a “space for the cause of women” (Bereni, 2012). By this we mean a space in which a female struggle unfolds, which is not necessarily conceived of as feminist. A feminine commitment (Dakhli, Latte Abdallah, 2010) is deployed in revolutionary contexts and in high-intensity protest movements. It outlines a specific space. But it also emerges in the ways women can exercise their “art of presence” in everyday life.

This space is constituted first and foremost by the boundaries it defines or helps to push back or erase. It is to be understood as a space for the permanent negotiation or renegotiation of boundaries, which may be those of gendered roles, those of the public and private spheres, or those of the very space of social and political contestation. This “space for women’s causes” is shaped as much through individual trajectories, in the way they articulate with the collective, as through the history of a group or movement. This colloquium will therefore welcome both case studies and analyses in terms of the sociology of networks, or even the integration of both perspectives. It wishes to cover both militant mobilities (training, exile and diasporas, clandestinities, prison entries and exits) and the circulation of objects (books, weapons, uniforms or clothing of struggles, but also objects charged with a particular meaning) as well as the trajectories of ideas (translations of texts considered as foundational, but also transmission of political, spiritual or family legacies and circulation of imaginary of struggle or resistance to women). From these diverse sources, this colloquium finally proposes to grasp the space imagined by women in terms of projection into the future, whether from the home, an office or a cell, a war zone or the street during a mobilization. What space do they wish to open up for themselves and for future generations within the family, the group or the party, the community but also the nation by discussing the now classic works of Beth Baron (2005) And how does this space relate to social issues and problems that affect all citizens?

What temporalities?

The study of revolts and revolutions often privileges the short term and “hot moments” of the revolutionary situation. Without excluding this perspective, this colloquium proposes to broaden it to the long term and to the “cold moments”, which can be marked by long-term social and political demands, or even by mobilizations that institutional memory would not have recorded, which would not have been archived. In the spirit of the DREAM project, it is a question of giving these demands and mobilizations their own “time”. First the work of locating and processing archives of revolted women is encouraged, both through training and time dedicated to exchanging experiences organized during the conference and through reflection on the relationship between archives and the construction, or even institutionalization, of the protest narrative. Second the aim will be to question the relationship between the actresses’ protest narratives and the institutionalized protest narratives, whether with the emergence of the independent nation-state since the 1950s, the organization of militant life in a partisan and/or trade union form, or with the very institutionalization of certain groups, such as NGOs, since the 1990s. Between repression, invisibilization and legitimization of the narratives of actresses, this colloquium intends to cover the whole spectrum from memory to denial of memory, to oblivion. This approach also aims to propose a renewed chronology of women’s revolts and of feminist and women’s movements in the light of the paths and strategies of women actors, opening up possible comparisons between various regions of the Arab Mediterranean space. At the same time, it enables us to grasp the experiences of time, continuities and ruptures as perceived by the women actors, whether they are involved in structured movements or in everyday social practices. The references that these actresses may make to past struggles, or even to prominent figures among them, help us to approach the “generations” of struggles from below, through the genealogies that the activists or “ordinary practitioners” (De Certeau, Giard, Mayol, 1990) of a space construct to give meaning to their action or presence. This approach to contesting genealogies proposes to shift the debate on the “endogenous” or “exogenous”, “Islamic” or “secular” references of Arab women’s and feminist movements from the analytical (ethical) framework to the framework of the perception of the actors (emic) and to restore to them their agency in the making of references used within struggles (Mahmood 2005). In the rebellious decade we have just experienced, a history of women’s struggles is being written: how does it find its place in a historical narrative?

Practices and extension of women’s fields of struggle

In the same spirit of a bottom-up approach, this colloquium proposes to approach feminisms and social and political femininities as shifting categories, constantly renewed by practices. It is therefore a question of analysing the gender performances of women actors, whether they are activists or not, in times of struggle as well as in ordinary times. What are the strategies for creating space for themselves in daily life, in mobilization, or even in armed struggle? Between exceptional journeys and more everyday strategies, women forge repertoires and reinterpret modes of action invented elsewhere, in other places or at other times. This performative aspect of the struggles brings into play the political and social imagination of the actresses, but also their ability to grasp filiations, to take up canons or to transform or even divert them.

The gender performances at work in moments of protest can first of all be seen as integration strategies: “acting like a woman” or on the contrary pretending to be a man can be ways of getting a message across or of making a place for oneself in a movement. In the same way, the exceptionality or banality of the routes must be understood in context, to show how the actors can make use of them. Armed women combatants are often perceived as being forced to conform to military ways of doing things and even to military aesthetics. This way of putting on a costume can also be seen as a revolutionary travesty. Haircuts and military clothing can also be transformed and appropriated to elaborate another discourse that focuses specifically on gender (Srour, 1972). The romantic approach to resistance (Abu Lughod, 1990) that has come to be used to talk about Kurdish, Palestinian or Algerian women fighters, the discourses of reverence towards female icons of protest such as the Sudanese Alaa Salah, the fascination for the Lebanese woman who kicks the guard in the crotch… all this says more about the commentators than about the ways of these revolutionary women. The use of violence, the learning of defence techniques are knowledge transferred to the revolutionary theatre, but which stem from other women’s struggles to ensure their own safety in the streets of the cities. This defence work does not end at the edge of mobilization, it continues in the context of struggles (Lachenal, 2019) and is translated into a politics of violence (Dorlin, 2017; Cardi and Pruvost, 2012).

Certain gendered roles, such as that of guardian of family memory (e.g. mother of a martyr or the disappeared) are in themselves upheavals in the authorized registers of memory and protest. The roles can also be worked on by the actresses themselves, who make them obligatory figures in the political act. The question of whether revolutions change – significantly and permanently – gender relations is very open. Most of the time, these transformations are not manifest (Amar, 2011), even if there are “acts of brilliance” (Dakhlia on Amina Sboui, 2013) but rather slower transformations that can be read in the fact that the most recent revolts make specific room for issues related to the place of women within them. It is then that these feminine presences sometimes turn into questions for feminists and feminisms, whose fields of action are transformed and extended by the ongoing struggles.

These strategic and practical questions can be addressed through the analysis of the link between constituted social movements and movements and moments of protest / revolt, including traditional feminist movements. They are also visible in the multiplicity of mobilisations of mothers and women of the disappeared or prisoners, movements of women prisoners or ex-prisoners (Latte Abdallah, 2013; Sorbera, 2014), movements of women workers. Some movements with specific revendications (housing, right to land, struggles for access to health care, but also movement for access to civil status) are carried out in majority by women and contribute to structuring a feminine space of protest, but also to transforming the common space of revolt.

APPLICATION

The contributions we wish to receive will have to pose these questions from empirical research grounds. A specific reflection on sources, archives and the act of archiving will have to be present in the proposals.

Please send your proposal (400-500 words, in English or French) before sept. 1st, 2020 to: dream@cmb.hu-berlin.de

For any question or remark, please contact Leyla Dakhli, dakhli@cmb.hu-berlin.de




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