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QUOI

Appel à participation pour le colloque L’ESS : quelle Histoire ? Dynamiques, méthodes et perspectives pour l’histoire de l’économie sociale et solidaire.

Colloque organisé par le CEDIAS avec les soutiens de la COMUE Paris-Lumières, du CHS, du GRHIS, du CHRS-UQAM, de l’ADDES et du CIRIEC

QUAND ET OU

Paris, Musée social, 7 et 8 février 2020

SUJET

L’économie sociale et solidaire, souvent caractérisée par ses trois composantes principales (associations, mutuelles, coopératives), résulte d’une histoire au moins biséculaire liée au développement du capitalisme libéral et à l’organisation du travail qu’il induit. Ses définitions, qui ont évidemment évolué depuis le XIXe siècle et varient selon les pays, sont relatives à ses modes d’organisation économique ou institutionnelle, mais aussi ses valeurs, souvent appréhendées à travers le prisme du politique ou du culturel. Ceci peut expliquer en partie les difficultés que l’ESS et son histoire rencontrent pour être traitées de manière autonome et crédible.
Pourtant, l’histoire de l’ESS ne saurait se limiter à l’histoire des utopies, même si cellesci peuvent être concrètes ou réalistes. Elle est une histoire d’entreprises, de travailleurs, de classes, de luttes, mais aussi d’internationalisme et de pacifisme. Elle est une histoire à la fois locale et globale, elle ne peut s’appréhender sans l’articulation de la théorie à la pratique. Elle est une histoire totale au sens maussien de « fait social total. » Les colloques nationaux sur l’ESS (ADDES, AES, RIUESS, GESS), les forums
internationaux de l’ES (CIRIEC, ESS Forum international) et les projets européens sur ces thématiques mobilisent des chercheurs des différentes sciences humaines, économiques et sociales, notamment depuis les lois récentes sur l’économie sociale (législation sur l’entreprise sociale en Italie en 2005, loi sur l’ESS de 2014, dite loi Hamon en France , Finance Bill in UK 2014). Parmi eux, les historiens sont rares. Ceci est d’autant plus problématique que les institutions et politiques de l’ESS sont parfois tentées de mobiliser son histoire en vue de leurs intérêts ou alors le plus souvent l’ignorent totalement. Des projets d’ESS considérés comme innovants gagneraient d’ailleurs à être analysés au prisme de l’histoire. Au mieux l’histoire est investie par des non spécialistes, qui peuvent apporter des éclairages, mais ne respectent pas toujours une méthodologie historienne.
Peut-être l’histoire de l’ESS semble-t-elle avoir déjà été en grande partie défrichée ? Elle a connu en effet de grandes figures au XXe siècle comme Henri Desroche, qui certes n’était pas historien mais s’intéressait à son histoire, avant de faire l’objet de nombreux travaux sous la direction d’André Gueslin à l’Université Paris7, de Michel Dreyfus au Centre d’Histoire Sociale du XXe siècle (CHS20), mais aussi de nombreux historiens de l’Institut d’Histoire sociale de Gand, du Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES) au Canada ou encore de nombreuses autres universités dans le monde (Bologne, Cooperative College de Manchester, etc.) Sans doute, la reconfiguration des militantismes dans le cadre de la restructuration des États-Providence rend-t-elle l’ESS suspecte pour les tenants d’une orthodoxie politique, qu’elle soit libérale ou socialiste. Son ambiguïté dans ses rapports aux institutions, ses variantes et déclinaisons locales et ses différenciations internationales rendent son approche difficile à appréhender. L’histoire de l’ESS oblige à décliner les échelles et les méthodes. Son approche est nécessairement pluridisciplinaire à une époque où le contexte de la recherche invite à la spécialisation. Aussi, le contexte politique laisse difficilement place à une économie qui initialement voulait dépasser les antagonismes État/marché et travail/capital, ou au moins mener une politique sociale qui dépasse ces clivages.
En effet, la prise en charge des politiques sociales par des partenariats public/privé ou le développement des fondations tendent à faire disparaître les spécificités de l’économie sociale, notamment dans le secteur associatif, dont l’histoire est rarement appréhendée à travers le prisme de l’ESS. Si l’ESS apparaît à l’époque contemporaine avec les révolutions industrielles et politiques, ses pratiques s’inscrivent dans des traditions souvent pluriséculaires de communautés et solidarités. Les travaux sur les solidarités, entraides, confréries, compagnonnages et autres formes de communautés solidaires à travers les âges gagneraient à être interrogés sous le prisme de l’histoire de l’ESS. Aussi, le développement d’une conscience et des préoccupations écologiques a fait émerger la notion de « communs » dont les principes peuvent en partie rejoindre ceux de l’ESS. A travers ces exemples, la démarche historienne invite à réinvestir les espaces et les temporalités de l’économie sociale et solidaire. Ses préoccupations lient le local et le global, des préoccupations quotidiennes et des dynamiques de long terme. Dominée
par les études locales ou monographies, l’histoire de l’ESS doit-elle s’interdire de penser global, au risque de se laisser aller à une histoire des idées ou politique qui soit davantage militante que scientifique ? Après des décennies de travaux montrant que l’ESS dans l’histoire n’est pas qu’une utopie, ni une uchronie, doit-elle s’interdire de penser ces concepts (Bouchet, Desmars, Bremand).
Ces problématiques contemporaines nous invitent à revisiter l’histoire de l’économie sociale à travers deux axes thématiques principaux qui permettent la prise en compte de différentes échelles spatiales et temporelles :

1) La place de l’ESS dans l’historiographie et le rôle de ses études dans l’articulation des théories d’économie politique aux pratiques sociales
2) Les liens entre l’ESS et les institutions politiques, syndicales et religieuses, qui oscillent entre conflits, reconnaissances et banalisation
1) La place de l’ESS dans l’historiographie et le rôle de ses études dans l’articulation des théories d’économie politique aux pratiques sociales

Voir ici tout l’argumentaire. Les contributions prendront la forme d’une communication de 20 minutes et une publication est envisagée chez un éditeur de l’ESS. D’autres formes de contributions peuvent être proposées sous la forme d’ateliers, présentation de projets de recherches en histoire de l’ESS, d’archives à exploiter, etc.
Toute démarche innovante permettant justement de valoriser les valeurs associatives, coopératives et mutuelles peut être acceptée si elle s’inscrit dans une démarche historienne.

ECHEANCE ET CANDIDATURE

Les propositions de contribution prendront la forme d’un résumé de 5000 signes présentant la problématique et la méthodologie, quelques références bibliographiques et une présentation de l’auteur. Elles sont à adresser avant le 1e juin 2019 sur :
https://histoire-ess.sciencesconf.org/
Pour plus d’informations, vous pouvez contacter :
Olivier CHAÏBI : olivier.chaibi@u-pec.fr
Patricia TOUCAS-TRUYEN : patricia.toucas@gmail.com
Timothée DUVERGER : t.duverger@sciencespobordeaux.fr
Une réponse sera fournie avant le 15 juillet 2019.
Comité d’organisation :

BELOUET Eric (Cédias)
CHAÏBI Olivier (IDHES)
DUVERGER Timothée (ScPo Bordeaux)
TOUCAS-TRUYEN Patricia (CHS)
Comité scientifique :
BLIN Alexia (CENA, EHESS)
DOLINO-BRODIEZ Axelle (CNRS-Centre Norbert Elias)
DREYFUS Michel (CHS, Paris)
GACON Stéphane (Centre Georges Chevrier, Dijon)
GEORGI Frank (CHS, Paris)
GURNEY Peter (Essex)
HAYAT Samuel (CNRS-CERAPS)
LESPINET-MORET Isabelle (CHS, Paris)
MAREC Yannick (GRHIS, Rouen)
MAURER Catherine (EA ARCHE, Strasbourg)
MERIGGI Maria Grazia (Université de Bergame)
MIGNEMI Niccolo (École française de Rome)
PETITCLERC Martin (CHRS, Montréal)
ROUSSEAU Yvan (CIÉQ, Trois-Rivières)
SINEY Charlotte (URCA)
VAN GOETHEM Geert (AMSAB, Gent)

 


  WHAT

Call for papers for the conference “What history of social economy? Dynamics, methodologies and prospects for the social and solidarity economy’s history“.

Conference organized by the CEDIAS with the participation of the COMUE Paris-Lumières, the CHS, the GRHIS, the CHRS-UQUAM, the ADDES and the CIRIEC

WHEN / WHERE

Paris, Musée Social, February 7-8 2020

TOPICS

The social and solidarity economy (SSE), often defined by its three main components (associations, mutual societies, cooperatives), is the result of a two-century history, linked to the development of liberal capitalism and the work organization it implies. Its definitions, which have obviously evolved and varied from country to country since the 19th century, depend on economic or institutional modes of economic organizations, but also on values, often understood through the lens of politics or culture. This explains partly the difficulties that the SSE and its history have encountered to be studied in a credible and autonomous manner.
However, the history of the SSE should not be restricted to that of utopian projects, even when those are concrete or realistic. It is a business history, a labor history, a history of social classes and struggles, pacifist and internationalist, both at the local and the global scales. And it cannot be understood without apprehending together its theory and its practices. It has to be written as a “total history”, just as Marcel Mauss talked about “total social facts”.
National conferences on the SSE (ADDES, AES, RIUESS, GESS), international forums (CIRIEC, ESS Forum international), and European projects on those topics currently mobilize many researchers in humanities, economics and social sciences. Those research programs have been encouraged by recent legislative changes in this field (2005 legislation on social enterprises in Italy; 2014 Hamon Act on the SSE in France; 2014 Finance Bill in the UK). However, only a few historians are following the movement, which is problematic at a time when the political institutions of the SSE are tempted either to exploit its history in order to serve their own interests or, most of the time, to completely ignore its lessons. Moreover, it would really be an asset to analyze SSE projects that are deemed innovative, through an historical lens. At best, history is enlisted by non-specialists, who are able to provide some insights, but do not always
follow a proper historical methodology.
Has the SSE history been entirely covered? Indeed, many important figures took an interest in this topic in the 20th century. Henri Desroche, who was not a professional historian, but worked on this history, was one of them. Important research projects were also conducted under the supervision of André Gueslin at Paris 7 University, Michel Dreyfus at the Centre d’Histoire Sociale du XXe siècle (CHS20). And numerous historians from the Institut d’Histoire Sociale of Ghent, the Canadian Centre de recherche sur les innovations sociales, or from many other universities over the world (Bologna, Manchester Cooperative College, etc.) have also contributed to build this field of research.
There is no doubt that the reconfiguration of political activism in the context of the restructuration of welfare states may have rendered the SSE suspect for the advocates of political orthodoxies, whether neo-liberal or socialist. Its ambivalence towards formal institutions, and its local as well as international variations make it difficult to fully grasp. The history of the SSE makes it necessary to vary both scales and methods of analysis. Its approach must be multidisciplinary – a very important condition in a
context where research is encouraged to be always more specialized. Besides, the political context is not favorable to an economic conception which initially sought to go beyond traditional antagonisms between state and markets, labor and capital, or at least to promote social policies that would go beyond these oppositions.
Indeed, the use of public-private partnerships to implement social policies, and the development of philanthropic foundations tend to make the specificities of the social economy blurry. It is especially the case for the sector of associations, whose history is rarely tackled as part of the SSE. If the SSE appeared at the contemporary period, in the context of political and industrial revolutions, its practices are in line with traditions of communities and solidarity that are often centuries old. Research on solidarity, mutual aid, brotherhood societies, and other forms of solidarity communities throughout the ages would benefit from being examined from the perspective of the SSE’s history.
Also, the development of ecological awareness and concerns has led to the emergence of the notion of “commons”, the principles of which can partly overlap with those of the SSE. Through these examples, the historical approach invites us to reinvest the spaces and temporalities of the social and solidarity economy. Its concerns link the local and the global, daily preoccupations and long-term dynamics. Dominated by local studies or monographs, should the history of the SSE refrain from thinking globally, at the risk of indulging in a history of ideas or a political history that would be more militant than
scientific? After decades of work showing that the SSE in history is neither just a utopia nor uchrony, should it refrain from thinking about these concepts? (Bouchet, Desmars, Bremand).
These contemporary issues invite us to revisit the social economy’s history through two main topics that allow us to take into account different spatial and temporal scales:
1) The place taken by the SSE in historiography and the role of its studies in articulating political economy theories with social practices.
2) The links between the SSE and political, trade union and religious institutions, which fluctuate between conflict, recognition and trivialization.
1) The place taken by the SSE in historiography and the role of its studies in articulating political economy theories with social practices.

See here the complete call.

Contributions will be in the form of a 20-minute paper and a publication is being considered by an SSE publisher.
Other forms of contributions may be proposed in the form of workshops, presentations of SSE history research projects, archives to be exploited, etc. Any innovative approach that makes it possible to promote associative, cooperative and mutual values can be accepted if it is part of an historical approach.

APPLICATION

The proposals will take the form of a 5000-sign abstracts presenting the problem and methodology, some bibliographical references and a presentation of the author(s). They should be sent before June 1st, 2019 at: https://histoire-ess.sciencesconf.org/

For more informations, please contact :
Olivier CHAÏBI : olivier.chaibi@u-pec.fr
Patricia TOUCAS-TRUYEN : patricia.toucas@gmail.com
Timothée DUVERGER : t.duverger@sciencespobordeaux.fr
An answer will be provided by July, 15 2019.

Organization committee :
BELOUET Eric (Cédias)
CHAÏBI Olivier (IDHES)
DUVERGER Timothée (ScPo Bordeaux)
TOUCAS-TRUYEN Patricia (CHS)
Scientific committes
BLIN Alexia (CENA, EHESS)
DOLINO-BRODIEZ Axelle (CNRS-Centre Norbert Elias)
DREYFUS Michel (CHS, Paris)
GACON Stéphane (Centre Georges Chevrier, Dijon)
GEORGI Frank (CHS, Paris)
GURNEY Peter (Essex)
HAYAT Samuel (CNRS-CERAPS)
LESPINET-MORET Isabelle (CHS, Paris)
MAREC Yannick (GRHIS, Rouen)
MAURER Catherine (EA ARCHE, Strasbourg)
MERIGGI Maria Grazia (Université de Bergame)
MIGNEMI Niccolo (École française de Rome)
PETITCLERC Martin (CHRS, Montréal)
ROUSSEAU Yvan (CIÉQ, Trois-Rivières)
SINEY Charlotte (URCA)
VAN GOETHEM Geert (AMSAB, Gent)


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