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QUOI

Appel à participations de la journée d’études « La Littératube : une nouvelle écriture ? Acte II », organisée par Florence Thérond (RIRRA 21, Montpellier 3) et Gilles Bonnet (Marge, Lyon 3).

QUAND ET OU

26 novembre 2019, Université Montpellier 3, Auditorium du site Saint-Charles.

SUJET

L’époque contemporaine, celle de la multiplicité médiatique, nous conduit à élargir la notion que nous avions de l’expérience esthétique, et partant de l’expérience littéraire, sans exclure aucun des chemins possibles d’accès au réel. L’écrit devient l’un des aspects d’un medium composite qui ouvre vers un au-delà du texte. L’écriture numérique étendue, par le texte, l’image, l’audio et la vidéo, permet de « capter l’irreproductible du réel », d’éditorialiser les moments vécus et les espaces habités au quotidien, et rend possible leur partage car, selon François Bon, « c’est bien la viralité […] qui est l’apport essentiel[i]».

Internet s’est très vite ouvert aux images, puis aux vidéos dès que le débit des réseaux et la puissance des terminaux l’ont permis. Aujourd’hui la vidéo représente environ 80 % des données qui y circulent et elle est omniprésente sur tous les réseaux sociaux. Le succès de YouTube, plateforme créée en 2005, confirme la place envahissante que prend la vidéo dans nos vies. YouTube sera-t-il « le nouveau lieu de la littérature », comme le suggère le titre d’un post de Christine Siméone sur le site de France Inter[ii]? Si on laisse de côté l’utilisation croissante de la vidéo dans la promotion des livres, qu’illustre par exemple l’extension de la pratique du teasing au domaine de l’édition, et le phénomène bien connu des booktubeurs ainsi que le développement des chaînes de vulgarisation de la littérature, force est de constater que sur la plateforme YouTube s’est développé tout un écosystème hors du livre, une littéraTube : vlogs, vidéoblogs de fiction, performances orales, collages-montages avec des images, du texte et/ou de la parole.  Les poètes en particulier y ont trouvé, comme sur Instagram, un lieu nouveau de diffusion de leurs textes, permettant surtout à la poésie de sortir des cercles restreints dans lesquels elle avait eu tendance à s’enfermer et de s’ouvrir à un public plus large. Nombreux sont les littéraTubeurs qui s’engagent dans des chantiers de création ayant pour objectif de redonner à la littérature une puissance d’intervention. Faut-il voir dans cette mise en avant de la responsabilité de l’écrivain, l’émergence d’une nouvelle forme d’engagement littéraire fondé sur la volonté de refonder la nécessité de l’écriture en dehors du strict cercle littéraire ? C’est dans le geste désormais pluriel de la publication, comme le montre Lionel Ruffel qui en fait l’un des concepts clefs du contemporain, que se situe le caractère profondément politique de l’engagement littéraire aujourd’hui. La plateforme YouTube a offert une formidable caisse de résonance au travail de défricheurs comme Charles Pennequin, Nathalie Quintane ou Christophe Tarkos et de ceux qui s’inscrivent dans leurs traces, comme Laura Vazquez.

Plusieurs questions se posent au chercheur lorsqu’il se penche sur un tel corpus. Si la littérature est en passe de se libérer du lien qu’elle a entretenu pendant des siècles avec le support imprimé, est-il possible aussi qu’elle puisse finir par se détacher de l’écrit et du texte sans pour autant perdre son identité ? Existe-t-il une littérature vidéo ? Est-il possible d’écrire avec des vidéos et d’investir YouTube comme un espace littéraire ? Quels enjeux poétiques et politiques sous-tendent cette démarche ? Quelles mutations de l’expérience contemporaine du littéraire suppose-t-elle ? La vidéo sur YouTube est-elle un objet pour la recherche en littérature ?

Une première journée d’études, organisée le 13 novembre 2018 à l’Université Lyon 3 (Les Actes paraîtront début juillet sur Fabula), a permis, en associant universitaires et praticiens, d’analyser les chaînes traitant de littérature, en particulier Le Mock, les Carnets en ligne d’Arnaud Maïsetti, les vidéoperformances de Charles Pennequin, les teasers de Nathalie Quintane, les « traductions sans filet » de Guillaume Cingal, les journaux littéraires filmés de François Bon, Michel Brosseau et Arnaud de la Cotte. Cette deuxième journée sera l’occasion de poursuivre à Montpellier l’analyse de ces nouvelles pratiques créatives en ouvrant la réflexion, nous l’espérons, à d’autres aires culturelles, dans une perspective plus comparatiste. La journée d’études sera précédée, le 25 novembre, d’un workshop animé par Laura Vazquez.

ECHEANCE ET CANDIDATURE

Les propositions de communication sont à envoyer avant le 15 septembre à : Florence Thérond (therond.florence@univ-montp3.fr ) et Gilles Bonnet (bonnetgilles@wanadoo.fr).

[i] François Bon, Tiers Livre, article 4296 « millième vidéo, besoin qu’on se parle ! » : http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4296

[ii] franceinter.fr, https://www.franceinter.fr/culture/youtube-est-il-le-nouveau-lieu-de-la-litterature


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